L’économie, l’environnement et le tissu social du Canada sont inextricablement liés aux océans et à leurs ressources. Pourtant bien des Canadiens ne sont pas pleinement conscients du caractère maritime de leur pays. La grandeur du territoire continental du Canada et le fait que tant de Canadiens habitent loin des zones côtières ont engendré un syndrome surnommé « cécité face aux enjeux océaniques » (« sea blindness »). Néanmoins, le Canada est l’une des nations les plus importantes de la planète sur le plan maritime, puisque son territoire donne sur les océans Arctique, Atlantique et Pacifique, ainsi que sur les Grands Lacs, et qu’il partage des frontières maritimes avec quatre pays (les États‑Unis, la Russie en Arctique, le Danemark, pays souverain du Groënland, et la France, à laquelle appartiennent les îles de Saint‑Pierre‑et‑Miquelon). Notre ligne de côte est la plus longue au monde, représentant le quart des lignes de côte du monde entier. La surface de nos zones océaniques jusqu’aux limites de notre zone économique exclusive équivaut à environ 2/3 de notre masse terrestre et ce chiffre pourrait augmenter de plus de 30 % par suite de la ratification de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
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Ligne de côte : 244 000 km |
Environ sept millions de Canadiens habitent le long de la côte, et bon nombre d’entre eux dépendent de la mer pour gagner leur vie. En 1998, environ 11 000 entreprises brassaient des affaires dans le secteur océanique (transformation du poisson, aquaculture, exploration pétrolière et gazière au large des côtes, transport, tourisme côtier, construction et technologie, services océanographiques, hydrographie et génie). Ces industries emploient directement environ 145 000 Canadiens et génèrent 19 milliards de dollars en productivité. À l’avenir, ces ressources pourraient être menacées par la pollution ou par l’exploitation effectuée par des pays étrangers qui ont épuisé leurs propres ressources maritimes. La protection de ces ressources est une responsabilité directe de plusieurs ministères, mais la Marine, grâce à ses bateaux, ses aéronefs, ses stations de surveillance et ses capacités de cueillette et d’analyse de données, aide les autres ministères à recueillir des renseignements et souvent, à appliquer les lois maritimes canadiennes.
Outre l’énorme importance pour notre bien‑être économique de nos propres zones océaniques et de nos ressources maritimes, les océans nous ouvrent la voie vers les marchés internationaux. Ce sont la pierre angulaire du système de transport global. Des eaux sûres et sans danger sont nécessaires pour le fonctionnement efficace de l’économie nationale du Canada. Cependant, l’importance du système économique mondial et des océans lointains pour notre propre prospérité échappe à beaucoup de Canadiens, malgré la contribution essentielle des eaux navigables au bien-être économique et à la sécurité du Canada. Le Canada est une nation commerçante importante; les trois quarts de son produit intérieur brut (PIB) proviennent des échanges commerciaux à l’échelle internationale. Bien qu’il soit vrai que 80 % des échanges commerciaux du Canada (selon la valeur) proviennent des États‑Unis, seulement 20 % des échanges commerciaux des États-Unis sont faits avec le Canada. Quatre‑vingt pour cent des échanges commerciaux effectués entre les États‑Unis et le reste du monde dépendent largement de la « liberté des mers » et du passage sûr des produits de commerce par voie maritime. Il en est ainsi pour 95 % (selon le poids) et de 65 à 85 % (selon la valeur) de nos échanges commerciaux avec les pays autres que les États‑Unis. Les voies commerciales maritimes pénètrent jusqu’au cœur même de notre continent, grâce à la voie maritime du Saint‑Laurent et les trois villes les plus importantes sont des ports de mer importants.
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Données sur le commerce mondial (2002) : |
L’interdépendance accrue entre les économies occasionnée par la mondialisation signifie que même une guerre de faible intensité ou une menace asymétrique pourrait être davantage ressentie par l’économie et les habitants du Canada. Les perturbations du système économique international en général, et surtout des échanges commerciaux des États‑Unis avec le reste du monde ne peuvent qu’avoir un impact direct et important sur l’économie canadienne ainsi que sur la santé et le bien-être des Canadiens. Le Canada a donc intérêt à veiller au libre transport des biens et à la création et au maintien d’un environnement dépourvu de perturbations et de menaces non seulement pour nous, mais également pour nos partenaires commerciaux.
Donc, en plus d’améliorer sa sécurité nationale, le Canada doit continuer de se pourvoir de moyens d’agir afin de prévenir les attaques contre ses côtes et défendre ses intérêts en intervenant ailleurs, avant que des ennemis potentiels puissent frapper chez nous ou encore perturber le système économique international à notre détriment. L’un des moyens les plus efficaces que peut utiliser le Canada pour contribuer à la sécurité mondiale et nationale est le maintien et l’utilisation de nos forces maritimes dont nous disposons aujourd’hui, qui sont capables et déployables, et ce, partout au monde.
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Données commerciales canadiennes (2002) : |
Il en est ainsi tout simplement parce que les forces maritimes en général sont dotées de nombreux attributs qui en font un outil efficace et rentable pour la prévention ou l’atténuation des effets des activités visant à perturber la paix et la sécurité dans le monde. La Marine est mobile; elle a de l’endurance; elle dispose de la capacité d’imposer des niveaux progressifs d’influence et de force proportionnels à la situation; elle ne dépend pas d’une permission pour se mettre en position. Par ailleurs, elle peut demeurer longtemps à l’extérieur des eaux territoriales d’un pays, ce qui lui permet de montrer sa fermeté aux adversaires comme aux alliés. La plupart du temps, les membres de la Marine peuvent partir en mission à très peu d’avis.
La souplesse des forces navales fait en sorte que ces dernières peuvent adopter une panoplie de rôles, souvent simultanément, au cours du même déploiement. Cela signifie qu’ils peuvent accomplir des tâches banales puis soudain lancer une attaque offensive sur préavis très court. Comme 70 % de la surface de la planète est recouverte d’eau, que 80 % des pays ont une ligne côtière et que 50 % de la population habite à moins de 80 km d’une côte (on prévoit que ce taux atteindra 75 % d’ici 2030), la capacité d’interagir avec une grande partie de la population mondiale et d’exercer sur elle une certaine influence sera grandement intensifiée par la capacité d’utiliser les océans comme voie de transport mondial. La Marine canadienne possède ces qualités, et son existence permet au gouvernement canadien de se rendre n’importe où au monde, à l’heure et à l’endroit qu’il aura choisi, et au niveau d’engagement qu’il souhaite.
La Marine canadienne contribue directement à la prospérité économique des Canadiens puisqu’elle permet au Canada de préserver l’intégrité et l’efficacité du système économique international en projetant et en défendant les intérêts du Canada à terre dans les endroits éloignés, en protégeant la circulation des échanges commerciaux sur l’eau, en participant à la surveillance des zones océaniques du Canada et en aidant les autres ministères à appliquer les lois maritimes canadiennes.
La Marine royale du Canada annonce le récipiendaire de la Médaille des amiraux de 2012
